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DOSSIER nuisances sonores aériennes

28.10.2006
Suite à l’augmentation des survols sur la ville par des avions de l’aéroport Marseille-Provence, depuis environ 5 ans, les Vitrollais s’unissent pour se faire entendre, au sein de l’ADEV. La Municipalité, qui n’est en rien décisionnaire dans cette situation, multiplie les actions afin de trouver une solution acceptable par tous. Elle pourra d’autant plus se faire entendre qu’elle peut compter sur la voix de ses habitants.
 
La ville de Vitrolles essaie, depuis plusieurs années, d’attirer l’attention sur l’augmentation sensible des nuisances aériennes subies par ses habitants. Une problématique due à l’augmentation des survols par les avions de l’aéroport Marseille-Provence depuis près de 5 ans. Bien que non décisionnaire, Guy Obino, Maire de Vitrolles, s’est emparé de ce dossier dés le début de son mandat et entend bien se battre pour éviter aux vitrollais de subir de telles nuisances. « Affirmer qu’il s’agit d’un désagrément ponctuel lié aux seules conditions atmosphériques constatées au niveau des pistes de décollages, ne nous paraît pas à la mesure de la réalité constatée par les habitants concernés », a-t-il rappelé au directeur général de l’aéroport Marseille-Provence.

Un constat sur l’ensemble de la Ville
Si les quartiers sud sont les plus concernés -tant par les décollages que par les atterrissages- les quartiers nord subissent également les nuisances des approches à vue. Ces manœuvres, qui sont des atterrissages spécifiques, permettent aux compagnies aériennes de gagner 7 à 8 minutes de vol. En y recourrant après autorisation préalable de la Tour de contrôle, ces dernières ne sont plus dans l’obligation de suivre le couloir aérien prévu, et peuvent ainsi couper au plus court.
Les approches à vue sont donc un avantage certain pour les compagnies aériennes. En revanche, elles créent des nuisances sonores accrues pour les habitants. Dans les faits, elles constituent une partie des problèmes de bruit rencontrés par la population des quartiers sud, et la quasi-totalité de ceux des quartiers nord. D’autant plus qu’elles sont de plus en plus utilisées, puisque la loi les autorise ; elles représentent aujourd’hui près de 30 % des mouvements.

Des habitants mobilisés
Une situation qui a poussé les habitants à se fédérer autour de l’Association pour la Défense de l’Environnement des Vitrollais (ADEV) laquelle, suite à un récent mouvement spontané de mobilisation, affiche aujourd’hui plus de 200 adhérents. « Cela ne deviendra jamais Roissy, c’est certain. Mais il existe un vrai sentiment de spoliation. La mobilisation se fait aujourd’hui dans les quartiers sud, mais nous appelons les habitants des quartiers nord à nous rejoindre, car ils seront à terme concernés. Il nous faut élargir le combat à toute la Ville», commente le président de l’ADEV, Daniel Amar.
Une mobilisation qui permettra à la Ville de mieux faire entendre sa voix. « La mobilisation de la population est un élément déterminant pour peser sur les décisions de la Direction de l’Aviation Civile. La Municipalité, qui n’est en rien décisionnaire dans cette situation, sera d’autant plus forte pour défendre les intérêts de la Ville que les gens seront mobilisés. C’est pourquoi nous faisons un travail en commun avec l’ADEV », commente Philippe Gardiol, adjoint délégué à l’Environnement, au Cadre de Vie et à la Collecte des déchets.
 
Démarches actives et exigence de partenariats pour la Municipalité
L’aéroport constitue un bassin d’emplois important mais son développement ne peut se faire au prix d’une augmentation insupportable des nuisances. La Municipalité rappelle son attachement à la logique du développement durable. Elus locaux, associations de riverains et acteurs économiques doivent travailler ensemble afin de trouver un compromis entre un nécessaire dynamisme économique et une légitime exigence de qualité de vie.
Depuis 2003, le Maire de Vitrolles, Guy Obino, intervient régulièrement auprès de différentes instances : la Préfecture, l’Autorité de Contrôle des nuisances sonores aéroportuaires (ACNUSA) et la Commission consultative de l’environnement de l’aéroport (qui réunit le sous-préfet, la Chambre de commerce, la Direction de l’Aviation Civile, les entreprises, les élus et les associations). Récemment, Guy Obino s’est adressé par courrier au directeur général de l’aéroport: « Nous ne saurions accepter plus longtemps de subir passivement cette pollution sonore et je vous demande de bien vouloir organiser, dans les plus brefs délais, une réunion de travail sur la base d’informations chiffrées ».
En juin dernier, la Municipalité a fait installer une station mobile de mesure du bruit, au parc du Griffon, afin d’obtenir différents éléments précis sur les nuisances sonores (altitude, volume sonore, nom de la compagnie aérienne, type d’avion, etc). Une initiative qui permettra de faire un premier bilan à la fin de l’année, et de pouvoir avancer statistiques et données précises, tant pour défendre les intérêts des Vitrollais que pour avancer des solutions. Par ailleurs, les démarches effectuées main dans la main avec l’ADEV ont abouti à un premier résultat : la mise en place d’un groupe de travail, qui devrait se réunir le 25 novembre à l'aéroport. « Cela nous permettra de réfléchir à d’autres hypothèses, d’autres couloirs aériens », ajoute Daniel Amar.



Zoom sur les précisions techniques et les idées reçues
 

L’augmentation du nombre de passagers ne veut pas dire augmentation du trafic aérien.
La nouvelle du lancement du MP2, nouvel aéroport dédié aux voyages à bas tarifs sur le site de Marignane, prévu pour le 8 novembre, a été accueillie par des grincements de dents. Il est pourtant important d’ajouter un bémol à cette crainte : si le nombre de passagers devrait bel et bien augmenter, cela n’entraînera pas obligatoirement une progression du trafic (ou si c’est le cas, elle restera faible). Pourquoi ?
Primo, parce que le coefficient de remplissage des avions peut être augmenté. Secondo, les compagnies peuvent recourir à des avions de taille supérieure, permettant ainsi de transporter plus de passagers sans qu’il n’y ait pour autant plus de vols.

 


Les capacités d’accueil de l’aéroport restent malgré tout limitées.

Même si l’aéroport Marseille-Provence a vocation à se développer, des contraintes techniques réduisent sa capacité d’accueil. Aujourd’hui, la limite est estimée à près de 110 000 mouvement par an. Un chiffre qui ne pourra évoluer qu’à travers des gros travaux d’aménagement, notamment un doublement de la piste principale sur l’étang de Berre. Celui-ci nécessiterait plusieurs années pour être réalisé.

 


L’augmentation du trafic du au MP2 est soumis au succès commercial.

Le trafic aérien de l’aéroport Marseille-Provence ne double pas tous les ans. Pour cela, il faudrait que l’offre commerciale rencontre un succès important, pour ne pas dire hors du commun. Or, rien n’est certain pour l’heure

 
 
 
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